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“Une grande lumière” – Jésus lumière du monde

Le peuple qui marchait dans les ténèbres voit une grande lumière ; Sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre de la mort une lumière resplendit… Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, Et la domination reposera sur son épaule ; On l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père Éternel, Prince de la paix. (Esaïe 9v2&6)

La scène se passe dans la deuxième moitié du 7ème siècle avant Jésus Christ. Israël et Juda sont des peuples ennemis. Esaïe était un notable, il avait ses entrées à la cour du roi de Juda et était un prophète respecté… ou pas ! A la mort du roi Ozias, l’Eternel lui montrera une vision dans laquelle il recevra sa vocation et c’est à partir de là qu’il commencera son ministère.

L’Eternel s’adressera au Roi Achaz successeur du roi Ozias et Yotam en lui accordant un signe. Le roi Achaz n’y prêtera aucune attention et préfèrera se tourner vers le roi d’Assyrie pour se sortir du mauvais pas dans lequel il était. En effet Péqah le roi d’Israël et Retsîn le roi de Syrie avaient fait alliance pour le détrôner.

Devant cette incrédulité ce manque de foi et surtout devant ce peuple de Juda si rebelle, l’Eternel par la bouche du prophète Esaïe donnera tout de même un signe à Achaz : Une jeune fille enfantera un fils et lui donnera le nom d’Emmanuel… mais avant qu’il ne soit sevré, le territoire des deux rois qui voulaient annexer Juda sera abandonné !

Le contexte historique : le peuple de Dieu est opprimé!

En effet ces deux royaumes ont été envahis par le roi d’Assyrie en 732 pour la Syrie et en 722 pour Israël. Malgré cette nouvelle rassurante pour Achaz, Esaïe lui prédira la chute prochaine de Juda qui sera exterminée par le roi d’Assyrie. Ceci arrivera en 7O1 avec Sanchérib.

Ce passage que nous avons lu a certainement été écrit en 74O avant Jésus Christ c’est-à-dire bien avant ces évènements. Certains pensent que ce n’est qu’un texte tardif et qu’il n’a pas pu être écrit à l’époque de Achaz et que son seul but était de favoriser une classe dirigeante à Jérusalem contre certaines factions pro israéliennes qui tentaient de prendre de pouvoir en Juda. (** voir notes, en bas de page sur l’authenticité d’Esaïe)

En tout cas, ces textes nous permettent de comprendre dans quel contexte les juifs vivaient à l’époque. Ils vivaient sous l’oppression des peuples occupants alors qu’ils étaient eux le peuple de Dieu et ils attendaient la réalisation des oracles concernant la restauration du royaume d’Israël avec à leur tête un conducteur de la lignée de David comme cela avait été annoncé par les prophètes et en particulier par Esaïe.

Cependant il est certain que les religieux juifs de l’époque attendaient cela avec impatience sans vraiment réaliser la portée de ce qui devait arriver.

Une grande lumière pour un peuple qui marche dans les ténèbres

Mais revenons à notre texte : Le message d’Esaïe de la part du Seigneur était une terrible condamnation, cependant dans les écrits du prophète, Dieu laissait une porte de sortie un espoir pour ceux qui lui resteraient fidèles.

Le peuple allait être déporté mais un reste allait revenir. Avec à leur tête le roi davidique promis mais ce texte parle-t-il de cela ?

Le texte nous parle d’une grande lumière pour un peuple qui marche dans les ténèbres. Un peuple qui ne connaît que la servitude. Le joug qui pesait sur lui (v3) et le bâton qui frappait son dos seront brisés comme lorsque Gédéon vainquit le Madianites (Juges 6-7).

C’est-à-dire que ce peuple sera libéré définitivement de ceux qui l’opprimaient. La lumière est un temps de rétablissement pour ce peuple asservi dont la plupart sera déportée plus tard en 586 en Babylonie.

La promesse de l’envoyé de Dieu

Au verset 5 nous avons la révélation de celui qui doit conduire ce peuple. On l’appellera admirable, conseiller, Dieu puissant et Père éternel

Comment ne pas voir ici des qualificatifs qui sont attribués à Dieu lui-même. Certes David entre autres était admirable, Salomon un excellent conseiller mais il ne fait aucun doute que ce guide n’était pas quelqu’un de commun c’était un envoyé de Dieu.

Son action consistera à rétablir le royaume d’Israël et il donnera un règne sans fin au trône de David. De même il rétablira la justice et les violences n’auront plus court.

Le peuple d’Israël de l’exil et du retour, avait bien compris le message du prophète. Il attendait donc un roi de la lignée davidique qui restaurerait le royaume. Mais en fait ce n’est pas un conducteur politique ou militaire qui viendra.

Le peuple reviendra de l’exil en 539 mais à sa tête pas de trace de ce conducteur qui allait restaurer ce royaume décimé. Plus encore il n’a pas restauré le royaume d’Israël qui restera un peuple asservi jusqu’à sa disparition au 2ème siècle face à la répression romaine.

Le trône de David n’a donc pas été restauré mais la prophétie était elle fausse ?

Aujourd’hui on le sait, et je ne vous apprend rien, cette prophétie est accomplie. C’est Jésus « car un enfant nous est né un fils nous est donné » dira le prophète. Ce passage est d’ailleurs repris par Mathieu (4,15) : « Le peuple de Zabulon et de Nephtali, De la contrée voisine de la mer, du pays au–delà du Jourdain, Et de la Galilée des païens, Ce peuple, assis dans les ténèbres, A vu une grande lumière ; Et sur ceux qui étaient assis dans la région et l’ombre de la mort La lumière s’est levée. »

Déjà dans Esaïe sont mentionnées les 2 tribus d’Israël Zabulon et Nephtali. Après des temps d’angoisse ils seront les premiers territoires à connaître la gloire à venir décrite dans notre passage. C’est également ce que nous rapportera Mathieu en nommant le lieu du début du ministère de Jésus c’est-à-dire la Galilée.

Fausse ? Bien sûr que non ! Christ est venu délivrer tous ceux qui croient !

Mais cela ne suffit pas à désigner le peuple d’Israël comme le seul bénéficiaire de la prophétie d’Esaïe. En effet Jean nous dira de cette lumière: « Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont point reçue. Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu. » Jean 1,11-13

En fait le reste fidèle d’Israël dont parlait Michée, Esaïe, Ezéchiel et d’autres, c’est le peuple élu de la nouvelle Jérusalem. Il s’agit du peuple de l’ensemble des rachetés par le sacrifice de Jésus, ceux qui adorent Dieu en Esprit et en vérité, ceux qui le cherchent réellement et s’attachent à ses commandements ainsi qu’à changer de vie.

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres voit une grande lumière »

Quelle est donc cette lumière ?

Cette grande lumière dont parle Esaïe c’est celle que voit le chrétien lorsque qu’il accepte l’existence de Jésus. Certes il ne s’agit pas pour la plupart d’entre nous de la même lumière qui a aveuglé Paul sur le chemin de Damas.

  • Cette lumière est tout d’abord un espoir car c’est l’espérance d’une vie meilleure au-delà de celle que nous connaissons ici bas.
  • Elle est aussi un éclairage nouveau sur la vie ou les valeurs ne sont plus les mêmes et ou la priorité devient le culte rendu à Jésus.
  • Elle est aussi et c’est selon moi le départ de toutes choses, un coup de projecteur sur notre situation de pécheur et sur la nécessaire reconnaissance qui doit en découler.

A mon sens il s’agit là d’un point très important de la foi qu’il s’agisse de conversion ou de croissance spirituelle. Malheureusement dans nos vies et parfois dans nos églises, nous négligeons trop ce rapport à Dieu qui est le notre. Dans notre culte ou notre prière, nous nous empressons de parler d’une grâce à bon marché mais nous oublions que nous sommes toujours des pécheurs rachetés et ainsi nous ne prenons pas réellement conscience de ce cadeau sans précédent que Dieu nous fait.

Bien souvent nous avons tendance à minimiser nos péchés, en les considérant comme politiquement corrects et nous disons que Dieu nous a pardonnés. C’est bien vite oublier la justice de Dieu.

Au début du livre d’Esaïe, nous voyons que Dieu repousse les sacrifices du peuple car il ne les agréée pas. Lire (Esaïe 1v11-13). Prenons garde de ne pas faire partie de ce peuple qui aujourd’hui existe encore en honorant des lèvres mais en ne rendant pas gloire à Dieu dans le cœur et dans la vie

Attention aux apparences !

Je suis frappé de voir après toutes ces années avec Dieu combien parfois on peut vivre une vie pieuse en apparence et être en fait si loin de la vérité.

Par exemple lorsqu’on est né dans une famille chrétienne, on peut très facilement tomber dans un piège. On peut tourner à vide et ronronner dans un politiquement correct qui nous convient sans nous mettre trop mal à l’aise. On va à l’Eglise et cela suffit à soulager notre conscience à l’égard de Dieu. Pourtant lorsqu’on va à l’Eglise si j’ai bien compris ce n’est pas pour avoir l’air de quelqu’un de bien c’est pour rendre un culte à Dieu et lui témoigner notre reconnaissance.

Reconnaissance pour quoi ? Pour sa grâce de s’être fait connaître à nous et de nous avoir sauvé de notre situation de pécheur et de continuer continuellement à œuvrer dans notre vie pour peu que nous le laissions faire.

Mais comment ai-je pu mettre autant de temps à comprendre cela alors que c’était à portée de main ? Le Seigneur Seul a la réponse… Je devrais plutôt prendre garde à ne pas oublier ce que j’ai appris.

Lorsque nous commençons à croire que nous ne péchons pas c’est alors que le mensonge est entrain de s’installer dans notre vie.

Comment prendre conscience chaque jour de cette grâce qui nous a été faite?

C’est à l’étude de la parole et en demandant l’aide du Saint Esprit que nous pouvons prendre conscience de ce fossé qui nous sépare de la volonté de Dieu pour notre vie. Cette parole dont le Psaume 119 nous dit qu’ « elle est une lampe à nos pieds et une lumière sur notre sentier».

Pour ma part ce sont surtout les prophètes qui m’ont marqué et qui m’ont fait prendre conscience de l’actualité de la parole de Dieu pour nous aussi aujourd’hui. En effet si nous sommes au bénéfice de la grâce, il n’en reste pas moins vrai que nous sommes appelés à changer notre vie et à respecter les prescriptions morales de la loi en commençant par : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. »

Cette lumière donc, nous fait prendre conscience de cette grâce. Non pas une grâce à bon marché qui nous servirait de prétexte à tous nos manquements à l’égard de Dieu mais une grâce qui nous pousse à une repentance sincère et ce, jour après jour.

Le Seigneur est fidèle et juste pour nous pardonner mais nous avons jour après jour besoin d’exprimer notre reconnaissance et notre repentance car seule une réelle prise de conscience de cette situation peut nous aider à progresser et à faire la volonté de Dieu.

La lumière est un appel à changer de vie

Cette prophétie retentit donc toujours pour nous aujourd’hui. Elle est pour tous ceux qui a travers les ages ont vu cette grande lumière qui les a bouleversé et qui les a poussés à changer leur vie répondant ainsi à l’appel de Dieu.

Cet appel se manifeste dans cet amour qu’il a eu pour nous en envoyant ce guide cet Emmanuel admirable merveilleux conseiller en même temps fils du Dieu vivant et Père éternel. « Il habite une lumière inaccessible » (1 Timothée 6v6) et s’est pourtant fait homme pour racheter ce peuple qui était perdu… Nous !

Ma prière aujourd’hui, est que chacun d’entre nous se sente exhorté par ce texte à aller plus loin avec le Seigneur à s’approcher de cette lumière.

  • Nous avons tous besoin de renouveler cet appel, que nous soyons membre d’Eglise, pasteur ou étudiant en théologie.
  • Nous devrions tous ressentir ce besoin de nous approcher de cette parole dans une attitude de prière, de soumission et de persévérance.
  • Il nous faut prendre un temps chaque jour avec Dieu dans sa parole et dans la prière afin qu’il nous enseigne à bien compter nos jours et à voir nos fautes.

C’est notre attitude vis-à-vis de Dieu et de Sa parole qui conditionne toute notre vie spirituelle mais aussi la qualité de la louange que nous rendons à Dieu dans notre vie de tous les jours et pas seulement au culte.

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière » et vous?

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